Savoir prendre le temps pour donner du sens aux actions

Dernière mise à jour : 9 sept. 2021



Quelle grossière caricature que ce dessin !


Mais malheureusement cette caricature va peut-être évoquer chez vous des exemples concrets, issus de votre expérience.


Car bien souvent, on constate que le rythme effréné du quotidien empêche les organisations (et les personnes qui les composent) de prendre le temps de l'analyse, de la prise de recul et finalement, les décisions (ou non décisions, au moins aussi fréquentes) ne reposent pas forcément sur des éléments pertinents et factuels, et peuvent s'avérer contre-productives.


Cette image, c'est un peu l'équivalent de la réponse que j'ai (trop) fréquemment en audit ou quand j'accompagne des entreprises dans leurs démarches d'amélioration continue :

Pourquoi on fait comme ça ? Heu... bin, parce qu'on qu'on a toujours fait comme ça !

D'ailleurs dans ce type de situation, pour comprendre la pertinence d'une action/tâche, son origine (pourquoi ?) et son objectif (pour quoi ?), je pose ces 3 questions :

- A quoi ça sert ?

- A qui ça sert ?

- Si ça n’était pas fait, ça manquerait à qui/quoi ?


Cela permet d’identifier notamment les potentiels dysfonctionnements suivants (au choix ou toutes les réponses) :

- L’absence de transmission de consignes claires (manque d'explication du sens de l'action dans l'atteinte d'un objectif);

- Le manque de compétence du collaborateur vis-à-vis de la tâche à accomplir (qui la réalise mais sans forcement la comprendre car n'a pas été formé à cela, donc avec source d'erreur/accident possible, sans capacité d'autocontrôle);

- La non pertinence de l’action à réaliser (action "sortie du chapeau" sans lien avec le contexte, "lubie" d'un manager, action reconduite chaque année depuis longtemps mais qui n'a plus lieu d'exister, etc.).


L'idée n'est pas de dire qu'il faut remettre en cause toutes les actions chaque matin, mais simplement de prendre le temps périodiquement d'identifier méthodologiquement les irritants, dysfonctionnements et grains de sable qui ralentissent le bon fonctionnement d'une organisation en prenant quelques instants (trop souvent perçus comme de la perte de temps) qui seront ensuite bénéfiques.


Et le pire, c'est que souvent, la solution est sous les yeux des personnes, qui ne prennent pas le temps de discuter, ou simplement d'écouter ou d'observer, trop prises par les tâches en cours.


Cette problématique du "pas de côté" ou de la "prise de recul" ou de la "prise de hauteur", ou de la "respiration salutaire" (utilisez l'image qui vous convient le mieux) est un sujet primordial pour moi dans une démarche d'amélioration continue.

Je l'évoquais d'ailleurs dans le tout premier article publié sur ce blog (L'importance de passer du temps sur l'analyse avant de se jeter dans l'action) dans lequel je disais :

Penser gagner du temps à court terme et s’attaquer à un seul pan d'un problème n'est pas forcément un bon calcul dans la durée car dans tout système, tout est interdépendant.

Avec De l'huile dans les rouages, je vous accompagne de manière agile dans vos démarches d'amélioration continue (et de certification QSE si c'est votre souhait, mais ça n'est pas une fin en soi) en apportant un regard extérieur, afin de vous permettre de prendre du recul sur le rythme de votre quotidien et ainsi, de gagner en efficacité et performance.


Mon rôle est principalement de créer les conditions pour que les solutions émergent d'elles-mêmes, après avoir bien analysé le contexte et les différentes composantes de votre organisation.


Je suis convaincu que pour être durable, une action, une stratégie (et plus globalement une démarche d'amélioration continue) doit être celle élaborée par l'organisme lui-même, selon ses besoins, et ne pas être pas celle imposée par un consultant externe, qui doit apporter la méthodologie et les connaissances pouvant faire défaut en interne mais également stimuler la réflexion et proposer des pistes de solutions.


Mais je sais aussi que c'est ce qu'attendent beaucoup de dirigeants et managers d'entreprises : le pack clé en main (avec les outils préétablis) qui fonctionne tout seul et au succès garanti.

Or, ça ne marche pas comme ça : tout système théorique, aussi exhaustif et bien pensé qu'il soit sur le papier, sera mis en œuvre, piloté et suivi par des êtres humains dans des contextes évolutifs, parfois favorables, parfois non.


On ne se lance pas dans une démarche de certification avec pour objectif d'avoir tous les indicateurs au vert (ça ne sont que des outils de mesure, vis à vis d'un objectif) ou de faire plaisir à l'auditeur !

On le fait avant tout pour identifier des pistes de progrès en interne, pour développer les forces, mettre en place des moyens de maitrise, etc. et être en capacité d'adapter sa stratégie et ses actions si besoin, voire mieux, être capable d'anticiper les changements : être proactif plutôt que réactif, prévenir plutôt que guérir, décider plutôt que subir.


En donnant du sens aux décisions et actions qui en découlent (ce qui ne s'improvise pas), on aide à leur appropriation par les personnes chargées de les mettre en application, ce qui contribue à leur implication dans la réussite d'un projet, comme l'illustre La fable du casseur de pierres ou du bâtisseur de cathédrale :

En se rendant à Chartres, Charles Péguy aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre. Intrigué, Péguy s’arrête et demande : - « Que faites vous, Monsieur ? » - « Vous voyez bien », lui répond l’homme, « je casse des pierres ». Malheureux, le pauvre homme ajoute d’un ton amer : « J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide ». Un peu plus loin sur le chemin, notre voyageur aperçoit un autre homme qui casse lui aussi des cailloux. Mais son attitude semble un peu différente. Son visage est plus serein, et ses gestes plus harmonieux. - « Que faites vous, Monsieur ?», questionne une nouvelle fois Péguy. - « Je suis casseur de pierre. C’est un travail dur, vous savez, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. » Reprenant son souffle, il esquisse un léger sourire et ajoute : « Et puis allons bon, je suis au grand air, il y a sans doute des situations pire que la mienne ». Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierre. Son attitude est totalement différente. Il affiche un franc sourire et il abat sa masse, avec enthousiasme, sur le tas de pierre. Pareille ardeur est belle à voir ! « Que faites-vous ? » demande Peguy « Moi, répond l’homme, je bâtis une cathédrale ! »

Cette allégorie a d'ailleurs été affinée pour illustrer le lien entre la motivation, l'implication et la performance qui en résulte, quand on connait la finalité et qu'on a la vision de l'objectif final attendu.


256 vues0 commentaire